Qui sommes-nous ?

L’Atelier du Geste Rythmé France Schott-Billmann se dédie à la transmission de l'Expression Primitive et à la formation d’animateurs et/ou de thérapeutes désireux d’utiliser cette médiation artistique.

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France Schott-Billmann, directrice de la formation

La directrice est France Schott-Billmann, docteur en psychologie, danse-thérapeute, enseigne la danse-thérapie à l’université Paris Descartes (Sorbonne), auteur de plusieurs livres sur les fonctions sociales et thérapeutiques du rythme (voir bibliographie).

France présente ainsi son parcours :

Ma démarche résulte d’une lecture transversale de la danse à partir de plusieurs lectures : anthropologique, historique, artistique et psychologique.

1. Anthropologique

Je me suis passionnée pour les cultures orales, leur mode de vie, leur pratiques artistiques, leur savoir millénaire qu’il serait vital de prendre en compte et de réactualiser dans nos sociétés. Nous avons besoin d’eux, nous avons besoin de l’Autre. Leur profonde connaissance des lois qui régissent la relation de l’homme avec son semblable mais aussi avec son environnement (la nature, les ancêtres) pourrait nous aider à réinventer une façon de vivre ensemble et à retrouver un équilibre avec le vivant. L’invention d’une sorte d’éco-modernité me semble particulièrement nécessaire aujourd’hui. Et la danse un élément de réponse originale aux enjeux de notre temps. Le sentiment de participation qu’on éprouve en dansant nous aide à comprendre que l’homme n’est qu’une partie d’un tout en interdépendance ; s’il se coupe des autres, du groupe, de ses liens ancestraux avec le vivant et la terre, il devient un être errant qui perd le sens de son existence.

2. Artistique

Les artistes occidentaux du 20eme siècle (Gauguin, Picasso, puis beaucoup d’autres) en quête d’un essentiel que l’art occidental avait perdu, ont largement puisé leur inspiration dans les arts dits « primitifs », premiers. L’Expression Primitive s’inscrit dans cette démarche et cette esthétique que le 20e siècle a appelée primitiviste. Construite sur les rythmes « primitifs » que sont la pulsation (beat) et la cadence (rock, balancement, groove), cette technique de danse a été créée dans le monde de la « Black-Dance » durant la seconde moitié du 20e siècle par le danseur haïtien Herns Duplan, inspiré par les recherches ethno-chorégraphiques de l'afro-américaine Katherine Dunham sur les danses rituelles des Caraïbes. Herns Duplan a créé l’Expression Primitive et l’a fait connaître en France dans les années 70. J’ai suivi son enseignement au Centre Américain à Paris, puis j’ai été 7 ans son assistante avant de l’enseigner moi-même.

3. Historique

Nous n’avons que peu d’archives de nos propres danses paysannes ancestrales, qui étaient pourtant sans aucun doute vigoureusement rythmées et frappées par les pieds des danseurs.

Dansées en groupe dans un climat joyeux parfois exultant elles déplaisaient aux pouvoirs en place, qu’ils soient politiques (lutte de la royauté contre la culture paysanne), religieux (lutte de l’Eglise contre la religion populaire) ou émanant des progrès de la pensée rationnelle (lutte de la pensée des Lumières contre la "magie" des médecines à efficacité symbolique.

Au cours de la destruction de la culture paysanne, notre propre culture orale, les danses sont parties avec l’eau du bain. Par crainte de la transe, on a opéré une répression des structure rythmiques qui pouvaient y conduire. De dionysiaques qu’elles étaient, nos danses se sont peu à peu affadies, folklorisées, réduites à des divertissements ou confinées à des sepctacles. Pourtant, l’appétence au rythme était restée. Ceci explique l’engouement instantané des Européens pour les danses nées dans la culture métissée afro-européenne des U.S.A. Dès le début du 20e siècle, elles arrivèrent par vagues (cake-walk, charleston, be-bop, rock and roll...) et le bonheur de la pulsation redécouverte ne quitte plus les danseurs européens.

4. Psychologique

Danser les rythmes « primitifs » permet de renouer avec un passé archaïque, une mémoire corporelle que chacun porte en soi et que la musique réveille Les danses tribales « primitives », bâties sur les rythmes premiers, battement du coeur et souffle respiratoire transposés dans la musique à danser, font revivre cette expérience originaire et le groupe dansant, comme un grand corps maternel, porte, berce et balance le corps de chaque danseur. Mémoire d’un message civilisateur qui a traversé l’histoire, la danse est intemporelle, à la fois ancienne et moderne. Depuis des millénaires, dans une continuité sans faille, elle raconte la même histoire, celle du bonheur fondamental d’être humain, c’est-à-dire d’appartenir à une communauté qui dépasse l'individu.

L’isolement est la négation de ce qui fait l’homme à travers les âges.Il est le contraire de la danse qui est convivialité, légèreté du corps et joie.

La fonction thérapeutique s’inscrit dans ce mouvement primitiviste de déconstruction-reconstruction qui se rattache aux processus poétiques ou aux processus primaires décrits par Freud. Comme dans la psychanalyse on s’y déconstruit-reconstruit, mais la danse est une thérapie sans divan, au milieu des autres, plus démocratique et plus accessible ! Tout le monde peut en sentir très rapidement les bénéfices...

Se faire plaisir sans se faire mal, se libérer sans se destructurer, contrairement à l’alcool ou à la drogue, la danse a bien des vertus ; elle libère, unifie, met en contact, réunit et assemble le dissemblable. Un pas de plus et elle soigne. Voilà pourquoi la danse-thérapie est de plus en plus demandée dans les institutions de soin, associations de patients, maisons de retraite, hôpitaux.

La danse redonne du sens parce qu’elle est une métaphore de la condition humaine. Elle permet au danseur de revisiter ce qui, à partir des structures corporelles de l’hominisation, a conduit à l’humanisation. Elle ouvre à un “gai savoir” au sens nietzschéen, “quelque chose de tout à fait autre, disons de santé, d’avenir, de croissance, de puissance, de vie” , un savoir médecin qui peut se mettre au servie de “la santé globale d’un peuple, d’une époque, d’une race, de l’humanité” (Le Gai Savoir, Nietzsche)

(France Schott-Billmann “Danser pour lire le symbole des plus hautes choses”, Hors-Série Le Nouvel Observateur Nietzsche, sept-oct. 2002).

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